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Histoire de la musique Congolaise

 

Racines Rumba

La plupart des grands styles Afropops sont nés d'une union entre les idées urbaines et rurales, de racines indigènes et d'influences étrangères. L'histoire de la musique pop congolaise en donne un exemple complexe et puissant. Vers la fin du règne colonial belge, la ville de Leopoldville (aujourd'hui Kinshasa) était une ville où les jeunes hommes écoutaient des chansons venant de Cuba sur les phonographes et la radio, et où les habitants du profond Congo, riche en culture y immigré. Des groupes populaires existaient pour divertir la minorité blanche et jouaient des rythmes de pays étrangers. La musique cubaine avec une touche de rythme africain était naturellement très populaire parmi les locaux. C'est pour cela que quand les africains commencèrent à faire leur propre musique ce rythme était le commencement logique.

Les maisons d'enregistrements grecques -- Ngoma, Olympia et Opika -- étaient les premiers à produire des artistes locaux dans les années 1940. Mais quand les maisons africaines Loningis, et ensuite Veve, sont entrées dans le jeu, la musique se transforma. Les guitares rythmées à l'africaine remplacèrent les pianos cubains. Graduellement, la guitare domina le style congolais. Les plus grands groupes des années 1970 et 1980 étaient composés de trois à cinq guitaristes jouant des mélodies emboîtées.

Les vocalistes chantaient en Lingala. C’est une langue composite développée lorsque les belges utilisés de la main d'œuvre de différentes ethnies pour construire de l’infrastructure. La langue a un rythme sympa, liquide, et les chanteurs étaient d'excellents solistes et harmonistes. Quand le Congo Belge devint indépendant en 1960 la nouvelle capitale, Kinshasa, était luxuriante avec un nouveau son qui n'avait aucun égal.

Joseph Kabasele (a.k.a. Le Grand Kalle) et son groupe, African Jazz, proclamèrent l'indépendance avec leur chanson "Indépendance Cha Cha." Kalle avait une douce et pure voie de solo qui inspira beaucoup d'imitateurs. Mais beaucoup d'honneurs doivent aussi être donnés au guitariste Nicolas "Dr. Nico" Kasanda, un descendant des Luba, une tribu du centre du Congo, comme plusieurs autres grands chanteurs congolais. Nico commença très jeune en 1957 et il acquit sa réputation en jouant avec Kalle au début des années 1960. Nico jouait ses solos avec une éloquence sensuelle. L'artiste Soukouss le plus connus des années 1990, Diblo Dibala appela Nico "l'école de la guitare Zaïroise." Les performances de Nico étaient également accompagnées du vocaliste Sangana. Pendant que de nombreux groupes percés durant les années 1960 et 1970, Nico sombra dans l'obscurité. Il fit son dernier album au Togo, juste avant sa mort dans un hôpital Belge en 1985.

Dans un environnent compétitif et très fluide où les groupes se formaient et se dissipaient constamment, Franco (a.k.a Luamba Makiadi) garda son groupe OK Jazz ensemble durant 33 ans. Le groupe de 6 artistes s'est élargi à un méga-groupe de 20 à 30 qui continuèrent à jouer après sa mort en 1989. Le plus grand concurrent de Franco était Tabu Ley Rochereau qui quitta l'African Jazz pour devenir un chanteur immensément populaire dans le groupe de Dr. Nico, African Fiesta. Après avoir enregistré de nombreuses chansons inoubliables, Rochereau forma son propre groupe Afrisa International qui contribua énormément à l'invasion Soukouss en Europe.

 

Clan Langa-Langa

Les jeunes congolais des fin années 1960 essayaient de mettre plus d'ambiance et de rythme à la rumba. Le groupe d'étudiants Zaïko Langa Langa, formé en 1969, révolutionna la Rumba avec leur musique très rythmée. Zaïko a également engendré un clan de groupes dérivés d'anciens chanteurs qui définirent la musique congolaise pendant deux décennies. A cause de leurs énergie et parce qu'ils étaient toujours à la mode ils étaient surnommés "Sapeurs." Ils représentaient la libre expression à travers leurs vêtements. C’était leur façon de lutter contre le régime oppressif du Président Mobutu qui demeura au pouvoir de 1974 à 1997. Durant son règne il renomma le Congo, Zaïre, élimina toute opposition, et imposa une tenue vestimentaire aux bureaucrates et hommes d'affaires. Mais s'ils promettaient de demeurer hors de la politique, les musiciens avaient le droit de prospérer, et la plupart choisirent cette option.

Les grands de la génération Zaïko sont les chanteuses M'Pongo Love et Tshala Muana - la reine du style mutashi; une longue liste du groupes populaires dont Choc Stars, Bella Bella, Victoria Eleison et l'Empire Bakuba mené par la douce voix de Pepe Kalle. Kalle était une superstar jusqu'à sa mort soudaine en 1998. Papa Wemba qui fonda Zaïko demeure populaire jusqu'à ce jour. Le succès de la mutashi qui était basé sur le rythme de la tribu Luba a conduit au développement d’une branche non-soukouss. Aujourd'hui Wenge Musica, un groupe d'étudiants moulé par Zaïko Langa Langa domine la scène musicale de Kinshasa.

La compétition élevée au Congo força de nombreux artistes à chanter à l'étranger. Le protégé de Franco, le guitariste Mose Se "Fan Fan" quitta Kinshasa pour travailler au Kenya et en Tanzanie avant de s'établir à Londre durant les années 1980 avec son groupe Somo Somo. En 1993, Fan Fan travailla avec le groupe OK-Jazz basé à Bruxelle pour fonder l'un des nombreux groupes dérivés de Bana OK. Le "Pigeon Voyageur" Sam Mangwana commença à Kinshasa comme l'un des rares chanteurs à chanter pour Tabu Ley et Franco. Sam déménagea ensuite à Abidjan en 1976 où il fonda son groupe African All Stars. Il embarqua dans une importante carrière internationale qui continue jusqu'à ce jour.

 

La Soukouss devient internationale

Durant les années 1980 la soukouss pris emprise de Paris et d'autres centres culturels d'Europe. De nombreux musiciens y déménagèrent et bâtirent leur carrière à l'étranger. Certains continuèrent à produire pour le marché congolais, mais d'autres abandonnèrent les fanatiques "grognons" Kinois et prirent une toute nouvelle direction. Le compositeur Ray Lema s'aventura dans le rock et collabora avec des artistes internationaux, dont une chorale de chanteuses bulgares. Peu de personnes parlèrent de Ray après cela au Congo. Mais d'autres musiciens réussirent à se diversifier sans perdre leurs fans congolais. Papa Wemba, basé à Paris, avaient deux groupes, Viva la Musica pour le soukouss, et un groupe de chanteurs qui chantaient en français pour son pop international.

Parmi les artistes loyaux au soukouss l’ont trouve Quatre Etoiles composé de vétérans de la scène de Kinshasa (le guitariste Syran M'Benza et Bopol, et les chanteurs Wuta Mayi et le tenor Nyoma). Le premier supergroupe de Paris, les Quatres Etoiles jouèrent la Soukouss modifiée pour une audience Européenne. Un autre succès de Paris, Kanda Bongo Man créa un nouveau modèle pour la soukouss. En éliminant la lente section rumba commune aux chansons de Zaïko et en allant tout droit à la partie rythmée, Kanda composa des chansons idéales pour les discothèques. Les groupes comme Loketo et Soukouss Stars le copièrent. Très rapidement Paris fût la résidence d'une fédération de chanteurs talentueux qui produisait pour le marché Africain et de la Caraïbe, et qui partait en tournée de temps à autre.

Kanda Bongo, un ancien membre du groupe de Kinshasa Bella Bella, emmena du charisme et un degré élevé de professionnalisme à la musique. Au commencement, son style soigné ne plaisait pas au congolais, mais il bâtit sa réputation petit à petit. Durant le début des années 1990, il fit une tourné d'Afrique et il devint un des artistes qui vendait le plus d'albums sur le continent.

Les artistes de soukouss avaient des fans très loyaux, et le premier guitariste de Kanda, Diblo Dibala avaient les plus fanatiques des fans. Après avoir joué un peu pour OK Jazz et ensuite pour Bella Bella et d'autres groupes de Kinshasa, Diblo s'installa à Paris avec Kanda; il embelli ses albums avec des solos rapides, stylés et élégants. Diblo travailla ensuite avec Pepe Kalle et d'autres avant de rejoindre le populaire vocaliste Aurlus Mabele pour former le groupe Loketa en 1986. La tourné américaine de Loketo a introduit la soukouss a l’Amérique. Diblo et Aurlus se séparèrent en 1991. D'autres piliers de la guitar soukouss de Paris sont Nene Tchakou, Lokassa ya Mbongo, Dally Kimoko et Bamundle Virigo (Ringo Star). 

Certains amateurs de la vieille musique de Kinshasa se plaignent de la machine soukouss de Paris. Ils disent que les systèmes sophistiqués des studios permettent aux artistes de produire des sons trop automatisés. Vue par beaucoup d'africains comme un signe de modernité, le piano et la batterie très populaires dans la musique soukouss de Paris, dérangent les occidentaux qui aiment la musique africaine à cause de son intimité et de son humanité. En général ces plaintes ne dérangent pas trop les musiciens pop du Congo qui basent leur popularité partiellement sur le fait qu'ils sont toujours à la fine pointe de la technologie.

 

Temps durs au Congo

Quand des soldats de la Force Armée du Zaïre rebellèrent contre le Président Mobutu et créèrent une crise politique et économique en 1991, les clubs de Matonge qui supportèrent de nombreux groupes fermèrent leurs portes. Depuis cette crise, beaucoup de musiciens congolais émigrèrent en Afrique de l'est et même en Afrique du Sud, le seul pays Africain qui n'avait pas encore était envahit par la soukouss à cause des restrictions de l'apartheid. De nombreux musiciens congolais ont également déménagé à Londres, à Paris, à Bruxelles et dans d'autres villes d'Europe. Ceci créa une compétition féroce en Europe qui força de nombreux artistes à aller aux Etats-Unis. Tabu Ley alla en Californie en 1994 pendant deux ans, et des groupes soukouss dirigés par des expatriés congolais se sont formés à San Diego, en Caroline du Nord, à Boston et à New York. Les guerres qui suivirent ne réussirent pas à détruire la culture musicale congolaise, mais ça prendra du temps avant que le pays retrouve son ancienne gloire.

 

Avec l'inspiration de afropop.com



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