Le Congo pré-colonial
Les origines
Des outils de pierre vieux de 2 millions d’années ont été retrouvés au nord du lac Édouard. De 2000 av. J.-C. à 500 ap. J.-C., des vagues migratoires bantoues arrivèrent au Congo de l’actuel Nigéria. Le territoire Congolais était jusqu’alors uniquement habités par des populations pygmées. Les bantous s’installèrent d’abord sur les côtes et les plateaux du sud et de l’est pour éviter la forêt dense.
Des nilotiques migrèrent également des régions du Darfour et de Kordofan au Soudan ainsi que de l’Afrique orientale jusqu’au nord du Congo. Les Bantous apportèrent l’agriculture et les techniques de travail du fer d’Afrique occidentale dans cette région. Les Bantous mirent en place des États (Kongo, Kuba, Lunda). Ils utilisaient le tam-tam comme moyen de communication, construisaient des sentiers et fabriquaient des vêtements grâce à une matière textile tirée de la feuille de bambou. Les peuples bantous avaient des connaissances en médecine assez poussées comme la vaccination (Kutéma Lulindi).
Le royaume Kongo
L’Empire Kongo se situait à l’ouest. Très ancien (peut-être IVe siècle), il occupa à son apogée un territoire s’étendant sur l’ouest de la République Démocratique du Congo, de la République du Congo et de l'Angola. L'économie s'appuyait sur l'agriculture (igname, huile de palme). Les relations entre les Bakongos et leurs voisins du nord-est, les Batékés étaient soit hostiles soit commerciales.
L’entrée en contact avec les portugais en 1482 marqua le début de la fin du royaume. À partir de 1532 les Bakongos lancèrent des raids contre les ethnies voisines afin de fournir des esclaves aux portugais en échange de marchandises (fusils, habits, verre, fruits). En 1568 ce n'est qu'avec l'aide des portugais que les Bakongos parviennent à repousser l'invasion des Yakas. Dès l'année suivante les portugais prirent comme esclaves certains sujets du roi.
En 1665 grâce aux divisons internes des Kongos, les portugais arrivent à les vaincre durant la Bataille d'Ambuila. Ils déportèrent de nombreux Noirs comme esclaves au Brésil avec la complicité de certains commerçants africains. Leur port de déportation était Emboma, l’actuel Boma.
Le royaume Kuba
Le royaume Kuba trace ses origines au Kasaï Occidental sur les bancs de la rivière Luluwa. Il remonte au XVe siècle, mais il ne prit réellement son essor qu'au XVIIe siècle, sous le règne de Chamba Bolongongo appelé Shyam Mbula Ngoong par Vansina (ou Shyam a mbul a Ngoong). Ce souverain encouragea la diversification de l’agriculture; il aurait introduit les cultures du maïs et du tabac. Il apprit à ses sujets le tissage du raphia; la sculpture; et institua un véritable service militaire.
Le royaume des Bakuba est particulièrement intéressant parce qu'il est le seul dans cette région d'Afrique où les souverains ont institué des gardiens des traditions orales : le Moaridi. Par ailleurs, l'art de la sculpture et de la décoration y a atteint un niveau remarquable.
À la fin du XVIIe siècle, les Lubas envahirent le royaume Kuba. La culture Kuba perdura néanmoins jusqu'à sa soumission par les Belges en 1904. Les Bakubas étaient le peuple congolais le plus apte à se défendre contre les menées de la force publique avec les Baboas et les Babudjes.
L’espace Baluba
Au XVIe siècle les Balubas, un peuple venant du Katanga, né de la sécession d'un clan de l'ethnie Songhoy, migrèrent vers le nord entre la rivière Kasaï et le lac Tanganyika. Les Balubas vivaient alors dans la province actuelle du Kasaï et au nord du Katanga. Les Balubas s´organisèrent en chefferies indépendantes. À la tête de chaque chefferie se trouvait un bulopwe, l´empereur de tout les Balubas ;le kalamba n´avait quant à lui qu´un titre symbolique. Le premier empereur des balubas était Kongolo, qui selon la tradition serait aussi l´ancêtre des Basonges.
Nombreuses étaient les autres ethnies qui vivaient aux côtés des Balubas (Basonge, Tetela, etc...) mais les Balubas les dominèrent économiquement car ils étaient plus nombreux. C’est ainsi que leur langue, le Kiluba, servait de langue interethnique. Si au Kasaï l’organisation politique ne dépassait pas le village, les Balubas du Katanga regroupaient plusieurs villages sous l’autorité d’un seigneur, le Kilolo. Des conflits armés opposèrent les Baluba à leurs voisins mais il y avait aussi des conflits entre différents bulopwe.
Des fouilles archéologiques près du Lac Kisale ont révélé que les Balubas utilisaient dès le IXe siècle une monnaie de cuivre cruciforme, les croisettes de différents poids. Chaque roi avait sa capitale. Si les Baluba utilisaient le tam-tam comme moyen de communication à longue distance ils avaient aussi un oracle, le Lubuko. C’était une sorte de maison avec une porte d’entrée à l’arrière et un mur en bois à l’avant. La personne à l’intérieur répondait alors par oui ou par non aux questions posées par l’interlocuteur devant le mur, en tapant sur le mur en bois.
Les villes de Lusambo et de Kabinda étaient les plaques-tournantes du commerce d'esclaves. Au XIXe siècle, juste avant la pénétration européenne, les Balubas ne purent résister aux envahisseurs Tchokwés et Lélés. C'est aussi à cette époque qu'apparurent les premiers fusils.
L’empire Lunda
L’Empire Lunda, s'établit à l’extrême sud du Katanga. La capitale de l’empire était Musumba. Son influence durera du XVIe siècle au XIXe siècle. Les Lundas croyaient en un dieu unique vivant au ciel auprès duquel reposèrent les défunts. Après la mort d’une personne, ils organisaient des danses qui imitaient le mouvement des oiseaux aquatiques afin que l’âme de la personne s’envole au ciel. Ils copiaient les oiseaux aquatiques car pour eux l’eau était symbole de vie. Ils étaient en contact avec les Wambundus, auxquels les souverains Lundas vendaient leurs sujets comme esclaves. Ils étaient ensuite revendus par ceux-ci aux colons portugais du Brésil. En 1789, l’explorateur portugais Francisco Maria Cerdas explora l’empire. De retour en Europe, il rendit compte des étonnantes richesses minières présentes là-bas. Les commerçants arabes et swahilis achetaient aussi des esclaves Lundas qui étaient ensuite déportés au Yémen, à Oman ou en Arabie Saoudite. Cette pratique dépeupla et affaiblit l’empire. Les Lundas connaissaient donc probablement l’alphabet arabe et la langue swahilie. Elle servait de langue de commerce entre les commerçants arabes et africains de la région.
Le Garangeza
Le Garangeza est l’État crée par M’Siri en 1856.
Les négociants arabo-swahilis dévastèrent tout l’est du Congo, l’actuel Kivu et l’actuelle province orientale. Le plus grand commerçant esclavagiste était alors Tippo Tip qui s’était taillé un fief dans l’est (Kasongo, Nyangwe, Kabambare). Les états esclavagistes musulmans disparurent en 1894 suite aux campagnes de l'État Indépendant du Congo contre les Arabo-Swahilis.
La cuvette centrale, couverte par la forêt équatoriale peu peuplée restera longtemps le domaine des peuples chasseurs, notamment les pygmées Twa.
Avec l'inspiration de wikipedia.org