Le gouvernement de transition
Le gouvernement de transition de la République démocratique du Congo est une institution mise en place du 30 juin 2003 au 18 février, 2006. Il s'agit d'un gouvernement d'union nationale établi suite aux accords liés à la fin de la Deuxième guerre du Congo. Il était chargé de l'établissement d'une transition démocratique dans le pays. Ses principaux objectifs furent la restauration de la paix dans l'est du pays, et l'organisation des élections législatives prévues pour le 30 juin 2005 au plus tard, mais reportées jusqu’au 30 juillet 2006. Le gouvernement était dirigé par le Président de la république et quatre vice-présidents. Ceux-ci sont :
Joseph Kabila, Président de la république (PPRD);
Abdoulaye Yerodia Ndombasi, vice-Président (PPRD);
Azarias Ruberwa, vice-Président (RCD);
Jean-Pierre Bemba, vice-Président (MLC);
Arthur Z'ahidi Ngoma, opposition démocratique.
Les trois principales tendances politiques du pays se retrouvaient ainsi à la tête de l'État. Elles se partageaient les différents postes ministériels avec les nombreuses factions politiques issues du conflit.
Étienne Tshisekedi (Union pour la démocratie et le progrès social), le principal opposant historique, n'a pas souhaité faire partie de ce premier gouvernement.
Le gouvernement de transition a pris fin avec la proclamation de la Troisième République le 18 février 2006. De nombreuses dispositions prises sous ce régime restent en vigueur à l'heure actuelle, dont notoirement l'ancien découpage des provinces.
Le 30 juin 2003, un gouvernement de transition, composé de divers groupes issus du Dialogue intercongolais, fut formé. Dans le courant du mois de septembre, une présence renforcée de la MONUC établit la « zone démilitarisée de Bunia » pour pacifier la région, secouée par les rivalités entre les ethnies Hema et Lendu. Bien que la région reste instable, l'opération permit un relatif retour au calme.
En septembre 2004, entre 20,000 et 150,000 personnes fuirent le Kivu oriental, devant l'avance des troupes gouvernementales. Le 11 octobre 2004, le Conseil de sécurité des Nations unies décida de déployer 5,900 soldats de plus pour sa mission au Congo (MONUC), bien que le Sécrétaire-Général Kofi Annan avait fait une requête de 12,000 hommes.
C'est au cours de cette période que l'International Rescue Committee reporta que le conflit tuait 1,000 personnes par jour alors que la communauté internationale resta indifférente. Comparée à la guerre en Irak, il établit que durant 2004 l'Irak reçu l'équivalent de 138 USD par personne, pendant que le Congo n'est recevait que 3 USD par personne.
La tension monte
À la fin novembre 2004, le Président rwandais Paul Kagame déclara que le Rwanda gardait l'option d'envoyer des troupes au Congo pour combattre les milices hutues, en particulier les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) qui n'avait pas encore été désarmées comme promis en 2002 au cours de l'accord de Paix de Prétoria. À la mi-décembre 2004, de nombreux rapports établissaient que des troupes rwandaises avaient franchi la frontière. Le chef de la MONUC, M'Hand Djalouzi, commenta les rapports en disant le 1er décembre, « ces infiltrations n'ont rien de neuf, mais il s'agit d'autre choses, qui ressemble à une invasion ». Il demeura peu clair si les militaires rwandais occupaient le territoire ou menaient des opérations ponctuelles. Les Nations unies ont promis d'enquêter.
Le 16 décembre, la BBC rapporta que 20,000 civils avaient fui les combats dans la ville de Kanyabayonga dans le Nord-Kivu, à 160 kilomètres de Goma. Les forces anti-gouvernementales, conduites par le capitaine Kabakuli Kennedy, qui déclara combattre pour défendre les Banyamulenge, avait évincé les troupes loyalistes, tenant la ville et les montagnes environnantes. Le gouvernement envoya une commission pour enquêter et accusa le Rwanda de fomenter une nouvelle rébellion. Le Rwanda a démenti son implication dans les combats.
L'International Crisis Group publia un rapport le 17 décembre avertissant que l'intervention du Rwanda pourrait ruiner les progrès fait depuis deux ans dans les pourparlers pour la paix. Ils rappelèrent que les deux guerres précédentes débutèrent en des circonstances similaires à celles existantes à ce moment au Kivu, et qu'une autre guerre dans la région était possible si des efforts diplomatiques n'étaient pas entrepris.
Le 20 décembre 2004, l’Union pour la République proposa officiellement au gouvernement « 1+4 » de mettre à la disposition de la République sa branche armée suite au massacre de Gatumba du 13 août 2004 et à l'agression militaire de décembre 2004 des troupes rwandaises du général Kagame à l'Est du Congo au Kivu. Le gouvernement 1+4 ne réagit pas et laissa cette proposition sans suite depuis lors.
Le 25 janvier 2005, les Nations unies rapportèrent que l'Ouganda et le Rwanda continuaient à armer des groupes d'insurgés dans le Congo oriental, en violation de l'embargo en vigueur dans la région. Les deux pays nièrent de telles pratiques, et le porte-parole de l'UPDF rétorqua que la MONUC était inutile et devrait être démantelée. Pendant ce temps, une rencontre des dirigeants africains à Abuja décida d'envoyer plus de troupes de maintien de la paix au Congo et tâcher de désarmer les forces hutues, facteurs récurrents de tension dans le pays. En réponse, un porte-parole des Forces démocratiques de libération du Rwanda déclara le 2 février que le FDLR résisterait avec force à toute tentative de désarmement. Le même jour, la Secrétaire d'État des États-Unis Condoleezza Rice accueillit des représentants de le DRC, de l'Ouganda et du Rwanda à Washington pour des discussions en vue de la fin des tensions dans la région.
Les résultats du Gouvernement de transition
Le Gouvernement de transition, étant composé des chefs de guerres des milices responsables de la deuxième guerre du Congo, échoua dans l'accomplissement des ses missions fondamentales :
· la pacification du pays : le gouvernement échoua à neutraliser les milices de l'Union des patriotes congolais, des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et des Interahamwe à l'Est de la RDC,
· l'unification de l'armée nationale : le gouvernement échoua à intégrer l'armée nationale et refusa d'y intégrer les ex-forces armées Zaïroises,
· l'intégration des milices du MLC et du RCD dans l'armée nationale : toutes les factions continuèrent d'entretenir leur milice respective et refusèrent de les intégrer dans l'armée nationale,
· l'organisation des élections avant le 30 juin 2006 au plus tard : les élections n'ont pas eu lieu avant le 30 juin 2006 (report au 30 juillet 2006).
En conséquence, la MONUC a dut obtenir au cours années plusieurs augmentations de ses effectifs, pour finalement devenir la plus importante mission de l'ONU, afin de faire face a la dégradation de la situation sécuritaire des populations. La mission de la MONUC devient également de plus en plus compliquée en raison de différents scandales qui la concerne (corruption, marché noir, scandales sexuels...). Elle a dut se faire appuyer à partir de mai 2006 à Kinshasa par des troupes de l'Union de l'Europe occidentale (UEO) afin de sécuriser le processus des élections.
De nombreux scandales de corruption, de malversations, de détournements de fonds, d'accusation de pillages des ressources naturelles... éclatèrent au grand jour durant la 1re moitié de 2006. À partir d'avril 2006, la situation se dégrada et les institutions internationales (Banque Mondiale, FMI) cessèrent d'appuyer le Gouvernement de Transition.
Il faudra attendre la mi-2006 pour assister au premier transfert d'un criminel de guerre de Kinshasa à La Haye, Thomas Lubanga (chef de la milice Union des patriotes congolais), afin de le faire comparaître devant la Cour pénale internationale (CPI).
A partir de la mi-juillet 2006, les observateurs de la Fondation Carter et la Monuc dénoncèrent des irrégularités dans la préparation des scrutins du 30 juillet 2006. Le 20 juillet 2006, l'église catholique - au travers de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) - dénonça des "irrégularités constatées" dans la préparation des scrutins du 30 juillet 2006 et menaça de ne pas reconnaître la validité des élections si ces irrégularités ne sont pas corrigées. La Cenco appela aussi les forces de l'ordre à la "neutralité" et les autorités à la "neutralisation" des combattants issus de différentes factions belligérantes pendant la Deuxième Guerre du Congo en RDC (1998-2003) qui n'avaient pas encore été intégrés aux nouvelles brigades de l'armée nationale, en pleine restructuration.
La fin du Gouvernement de transition
Les élections présidentielles tant attendues par la population et devant mettre un terme au Gouvernement de Transition ont finalement eu lieu en juillet 2006 : Joseph Kabila a été déclaré vainqueur au second tour.
Le nouveau gouvernement dirigé par Antoine Gizenga est nommé le 5 février 2007.
La fin de la transition est caractérisée par plusieurs faits marquants :
· La dignité de la population congolaise, durant toute la période électorale, qui s'est rendue aux urnes dans la paix,
· La prise de position tranchée de l'opposition politique et du clergé qui ont dénoncés de nombreuses malversations dans l'organisation de ces élections,
· Le boycott des élections par l'UDPS,
· L'instabilité militaire à l'est de la RDC entretenue par Laurent Nkunda,
· Les multiples accusations de parti pris de la Communauté internationale en faveur de Joseph Kabila :
o Accusation, non démentie par la CEI, de production de 5 millions de bulletin de vote additionnels,
o Tensions Kabila-Bemba en 2006 et 2007 : bombardement de la résidence de Bemba, combats de rue, incendie des chaînes de télévision de Bemba
o La prévision initiale d'un seul tour devant mener à la victoire de Joseph Kabila (non-budgétisation initiales par les autorités et la Communauté Internationale d'un second tour)
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