La première guerre du Congo
La première guerre du Congo est un conflit intervenu de fin 1996 à 1997, au terme duquel le président zaïrois Mobutu Sese Seko fut chassé du pouvoir par des troupes rebelles soutenues par des États étrangers, essentiellement l'Ouganda et le Rwanda. Le chef rebelle Laurent-Désiré Kabila se proclama président et changea le nom du pays en République démocratique du Congo. La guerre posa les jalons de la Deuxième Guerre du Congo qui s'ensuivit rapidement.
Origines
Mobutu dirigea le Zaïre à partir de 1965 avec l'aide des États-Unis, qui le considéraient comme un rempart contre les leaders communistes tels Patrice Lumumba, que Mobutu déposa en 1960 avec l'aide de la Belgique et de la CIA.
Au début des années 1990, une vague de démocratisation gagna l'Afrique. Il y avait d'importantes pressions internes et externes pour une telle démocratisation au Zaïre, et Mobutu promit des réformes. Il abolit officiellement le régime du parti unique en vigueur depuis 1967, mais se montra peu enclin à mettre en œuvre les réformes promises, s'isolant à ses alliés traditionnels, au Zaïre comme à l'extérieur.
Il y avait une longue tradition de révoltes contre le pouvoir de Mobutu. L'opposition était notamment le fait d'hommes de gauche, se revendiquant de l'héritage de Patrice Lumumba, et de personnalités issues de diverses minorités ethniques et régionales opposées à la mainmise de Kinshasa sur le reste du pays. Kabila était l'un d'eux. Il était également originaire du Katanga, province traditionnellement opposée au gouvernement de Mobutu.
Le génocide au Rwanda déclencha l'exode d'environ 2 millions de réfugiés rwandais, principalement Hutus. Parmi les réfugiés se trouvaient des membres des milices Interahamwe ; groupes militaires qui prirent part au génocide. Ils installèrent des camps dans le Congo oriental, à partir desquels ils lancèrent des attaques contre les Tutsi rwandais et zaïrois, appelés Banyamulenges.
Déroulement de la guerre
En 1996, le vice-gouverneur de la province du Sud-Kivu ordonna aux Banyamulenge de quitter le Zaïre sous peine de mort. Ces derniers se rebellèrent et s'allièrent aux opposants à Mobutu pour former l'Alliance des Forces démocratiques pour la Libération du Zaïre (AFDL). L'AFDL bénéficia du soutien des chefs d'État de la région des Grands Lacs, en particulier de Paul Kagame, président du Rwanda, et de Yoweri Museveni, président de l'Ouganda. Devant l'inaction des alliés traditionnels de Mobutu, de nombreux membres de l'armée zaïroise rejoignirent les troupes de Laurent-Désiré Kabila au cours de leur marche des frontières orientales du pays vers Kinshasa, où ils entrèrent le 17 mai. La résistance s'effondra face à eux, et Mobutu quitta le pays pour le Maroc où il périt peu après. Kabila prit officiellement le pouvoir en le 20 mai 1997, et rebaptisa le Zaïre République Démocratique du Congo.
Une fois Kabila installé au pouvoir, la situation changea dramatiquement. Kabila devint rapidement suspect de corruption et d'autoritarisme comme son prédécesseur. Beaucoup des forces pro-démocrates l'abandonnèrent et il s'attela à un vigoureux effort de centralisation, ce qui alimenta le conflit avec les minorités de l'Est, qui réclamaient davantage d'autonomie. En août 1998, tous les membres d'origine Tutsi se retirèrent du gouvernement lorsque Kabila demanda aux mercenaires rwandais et ougandais de rentrer chez eux. En effet, l'alliance de Kabila avec les rwandais pour le contrôle militaire et politique le faisait passer comme une "marionnette de Kigali" aux yeux des forces pro-démocratiques congolaises. Ceci poussa Kabila à se retourner contre ses ex-alliés rwandais qui lui montraient déjà très peu d'allégeance et qui tenaient à exploiter indéfiniment les ressources minérales du pays (spécialement de l'Est du Pays), tout en manifestant beaucoup de mépris pour les populations congolaises. C'est dans ce contexte qu'éclata la deuxième guerre du Congo.
Principaux groupes armés
République démocratique du Congo
Alliance des Forces démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL) : L'alliance soutenue par le Rwanda et l'Ouganda qui évinça le Président Mobutu Sese Seko et porta Laurent-Désiré Kabila au pouvoir.
Banyamulenge : groupe ethnique Tutsi habitant le Nord et le Sud Kivu.
Forces armées zaïroises (FAZ): armée nationale sous le régime de Mobutu.
Burundi
Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD) : groupe rebelle généralement connu sous l'appellation FDD.
Forces armées burundaises (FAB) : armée nationale burundaise dominée par l'ethnie Tutsi, coopérant avec le RCD et le RDF.
Front de libération nationale (FLN ou FROLINA) : milice Hutue dirigée par Joseph Kalumba.
Rwanda
Armée de libération du Rwanda (ALiR) : l'organisation Hutu qui succéda aux Interahamwe. Ils se sont joints avec le FDLR en septembre 2000.
Interahamwe : organisation rwandaise Hutus anti-Tutsi.
Rassemblement démocratique pour le Rwanda : l'organisation Hutu qui succéda aux Interhamwe au Congo, qui deviendra l'ALiR, puis les FDLR
Armée patriotique rwandaise (APR) : armée nationale rwandaise. Changea de nom à Forces Rwandaises de Défense (FRD) en juin 2002
Front patriotique rwandais (FPR) : branche politique des exilés Tutsi basé en Ouganda, et dirigé par Paul Kagame, qui évinça les génocidaires en 1994. Devenu le parti au pouvoir actuellement au Rwanda.
Ouganda
Allied Democratic Forces (ADF) : groupe rebelle actif dans l'ouest de l'Ouganda, avec des bases arrière en République Démocratique du Congo. Peu actif en 2004.
National Army for the Liberation of Uganda (NALU): groupe rebelle basé près de la frontière avec la République Démocratique du Congo, issu de l'ADF en 1996.
Uganda Peoples Defense Force (UPDF) : armée nationale de l'Ouganda.
Avec l'inspiration de wikipedia.org